SURPRIS PAR LA GRÂCE
SURPRIS PAR LA GRÂCE
Dimanche 05
octobre 2025
Semaine 2 : Surpris par la
grâce
Thème général : Leçons de foi
tirées du livre de Josué.
« C’est par la foi que Rahab la prostituée ne périt pas
avec les rebelles, parce qu’elle avait reçu les espions avec bienveillance » (Hébreux 11:31).
Comment ai-je pu refaire la même erreur ? Cette question, familière à
tout croyant sincère, traverse l’histoire d’Israël comme la nôtre. À nouveau,
le peuple se tient à la frontière de la Terre promise, là même où ses pères
avaient failli. Mais cette fois, Josué prend la seconde chance de Dieu au
sérieux. Deux espions sont envoyés, non pour mesurer la possibilité de la
promesse, mais pour discerner les modalités de son accomplissement. La
promesse divine demeure, mais elle appelle la responsabilité humaine : la foi ne supprime pas l’effort, elle le
sanctifie. Ainsi commence l’histoire de la grâce - une grâce qui surprend,
relève, et confie encore une mission à ceux qui étaient exclus.
Avant
d’explorer les récits bibliques où cette dynamique s’incarne, arrêtons-nous un
instant pour contempler la grâce telle que des théologiens, des artistes et des
penseurs l’ont entrevue et décrite, chacun à la mesure de son émerveillement.
· La capacité de Dieu à pardonner est plus grande que notre capacité à pécher ; tandis que notre péché va loin, la grâce de Dieu va plus loin encore. C’est un message qui révèle le contraste radical entre le cœur pécheur de l’humanité et le cœur plein de grâce du Créateur - Tullian Tchividjian, Surprised by Grace: God’s Relentless Pursuit of Rebels.
· Il me semble que ce sont toujours les personnes religieuses qui sont les plus surprises par la grâce - Glennon Doyle Melton.
· Ce qui importe dans toute chose, c’est la grâce - surtout dans la vie, surtout dans la croissance, la tragédie, la douleur, l’amour, la mort. C’est une qualité que j’admire profondément. Elle t’empêche de saisir trop vite une arme. Elle t’empêche de détruire les choses avec folie. En quelque sorte, elle te maintient en vie - Jeff Buckley.
· La foi est une confiance vivante et audacieuse dans la grâce de Dieu, si sûre et certaine qu’un homme pourrait y risquer sa vie mille fois - Martin Luther.
· Pour moi, chaque heure est une grâce. Et je ressens de la gratitude dans mon cœur chaque fois que je peux rencontrer quelqu’un et contempler son sourire - Elie Wiesel.
· Écoute ta vie. Vois-la pour le mystère insondable qu’elle est. Dans son ennui et sa douleur, autant que dans son exaltation et sa joie : touche, goûte, respire ce qu’elle a de saint et de caché, car, en dernière analyse, chaque moment est un moment clé, et la vie elle-même est grâce - Frederick Buechner.
QUESTIONS DE RÉFLEXION
Pourquoi le titre « Surpris
par la grâce » dans le contexte des passages bibliques proposés ? Qu’en est-il des questions éthiques soulevées par les
récits du livre de Josué ? Que retenons-nous de l’expérience de
Rahab ? Comment comprenons-nous l’Évangile de la grâce ? Quelle est la
signification du fait que Rahab ait connu le rôle de Dieu dans l’Exode ?
LA SEMAINE EN BREF
Josué 2.1-21 relate l’histoire des deux espions israélites accueillis
par Rahab. Nombres 14.1-12 décrit la réaction du peuple aux rapports des douze
espions envoyés quarante ans plus tôt pour explorer Canaan. Hébreux 11.31 loue
Rahab pour sa confiance en Dieu. Exode 12.13 évoque la Pâque et le signe du
sang sur les portes. Josué 9 raconte comment les Gabaonites trompèrent Josué et
les anciens pour conclure une alliance avec eux. Enfin, Néhémie 7.25 mentionne
les fils de Gabaon parmi les Israélites revenus d’exil.
COMMENTAIRE
Que faisons-nous de l’histoire de Rahab, la prostituée
? Faut-il en conclure qu’il est légitime de
mentir lorsqu’il s’agit de servir le Seigneur ? Devons-nous ignorer
sa profession ? De nombreuses analyses la présentent presque comme la plus
vertueuse des femmes. L’Écriture elle-même ne
dissimule ni sa faute ni sa foi : “C’est par la foi que Rahab, la prostituée …” (Hébreux
11:31). Ainsi, la grâce se manifeste jusque dans les contradictions de
l’histoire humaine.
Le livre de Josué n’est pas un livre de guerre, mais un livre de grâce. Derrière
les récits de conquête se cache l’histoire d’un Dieu patient, offrant encore
une fois le salut après une longue période de miséricorde (Genèse 15:16). Les
prodiges de l’Exode, signes éclatants de sa souveraineté, constituaient un
dernier appel adressé aux peuples de Canaan. Certains résistèrent, à l’image de
Pharaon autrefois. Mais d’autres - Rahab à Jéricho, puis les Gabaonites -
discernèrent, dans la crainte et la ruse, une ouverture de grâce. Leur foi,
bien qu’imparfaite, rejoint celle d’Israël : incertaine,
vacillante, mais accueillie par le même Dieu patient. La grâce
divine embrasse ces élans fragiles, qu’ils soient issus de la foi d’une
prostituée ou de la ruse d’un peuple menacé.
Rahab, femme marquée par le mépris social, incarne cette surprise
absolue : du fond de sa maison promise à la destruction, elle confesse : «
L’Éternel, votre Dieu, est Dieu en haut dans les cieux et en bas sur la terre »
(Josué 2:11). En elle, le Dieu de l’Alliance
renverse toutes les hiérarchies :
la prostituée devient croyante, l’étrangère devient ancêtre du Messie. L’Écriture lui rend hommage
: « C’est par la foi que Rahab, la prostituée, ne périt pas avec les rebelles,
parce qu’elle avait reçu les espions avec bienveillance » (Hébreux 11:31). À travers
elle, Dieu montre que son dessein ne s’arrête ni aux frontières ethniques
qu’Il transcende, ni aux fautes morales qu’Il pardonne : sa grâce
cherche, trouve et relève.
Les Gabaonites, de leur côté, apparaissent comme le miroir de cette même
grâce à l’œuvre dans un autre registre : celle qui accueille même une foi
déguisée, une sincérité encore mêlée de peur. Leur ruse n’annule pas la miséricorde de Dieu ; elle la met à l’épreuve
et la révèle plus forte que la tromperie humaine.
Cette grâce s’adresse encore à nous - à ceux que le monde oublie, à ceux
qui doutent d’être dignes. Elle ne nie pas la
complexité morale du monde, ces « zones grises » qui défient nos
certitudes, mais elle éclaire ces zones par la lumière du pardon. La foi
véritable consiste alors à accueillir cette lumière, à marcher humblement dans
la clarté qu’elle révèle, et à témoigner, comme Rahab et comme les Gabaonites,
que le Dieu du ciel agit aussi sur la terre.
Tout au long de cette semaine, nous contemplerons cette grâce
surprenante sous différentes facettes :
2. Une
seconde chance - La grâce de Dieu ne se lasse pas de recommencer avec
ceux qui ont failli.
Comme Israël à Sittim ou Pierre après son reniement, Dieu relève ceux qui
tombent. Sa fidélité transforme la honte en occasion de croissance spirituelle.
3. La
valeur là où l’on l’attend le moins - Dieu discerne, au cœur du chaos,
une foi qu’Il peut sauver et sanctifier. Rahab, marquée par le péché,
devient témoin de foi : elle choisit le Dieu d’Israël et confesse Sa
souveraineté. La grâce divine se fraie un passage dans les lieux que l’homme
méprise.
4. Une
nouvelle allégeance - La foi véritable se scelle dans le sang et se
prouve dans l’obéissance.
Le fil écarlate de Rahab rappelle le sang de la Pâque : signe d’un salut reçu
par la foi, confirmé par la fidélité. Entrer dans l’alliance, c’est passer du
jugement à la miséricorde, de la peur à la loyauté.
5. Des
valeurs conflictuelles - Quand la sagesse humaine trompe, Dieu révèle la
vérité de Sa grâce. Les Gabaonites usent de ruse pour survivre, et Israël
néglige de consulter Dieu. Au cœur des zones grises de la morale, la grâce
divine enseigne la prudence, la fidélité et la recherche humble de la volonté
de Dieu.
6. Une
grâce surprenante - La miséricorde de Dieu transforme la malédiction en
bénédiction et intègre les exclus à Son peuple. Les Gabaonites, voués à
l’interdit, deviennent serviteurs du sanctuaire. La grâce convertit leur ruse
en alliance et fait d’eux des témoins durables de la fidélité divine.
Ainsi s’ouvre notre parcours : une invitation à redécouvrir la grâce qui nous devance,
nous poursuit et nous transforme.
ABONDANTES GRÂCES DE LA
PART DE L’ÉTERNEL !
Amen 🙏
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